Une question revient dès le cadrage d’un parcours : faut-il un module général sur l’IA générative, ou un module par outil ? La réponse dépend de ce que vos équipes doivent savoir faire à la sortie. Le socle est le même pour tous les outils, les gestes diffèrent, et c’est sur les gestes que se joue l’usage réel.
D’abord, où en sont les entreprises françaises
La Banque de France a publié le 3 septembre 2026 les résultats de son enquête mensuelle de conjoncture, menée de fin février à début avril 2026 auprès de quelque 7 000 entreprises d’au moins 20 salariés : 67 % déclarent utiliser l’IA générative, avec 64 % chez les 20 à 49 salariés et 83 % chez les entreprises de 1 000 salariés et plus.
Côté formation, le baromètre Cegos 2026, mené auprès de plus de 6 000 répondants dans 11 pays, mesure l’écart qui nous intéresse ici. 68 % des DRH placent l’IA et l’automatisation en tête des transformations qui vont toucher les compétences dans les deux ans, quand 32 % des salariés seulement disent avoir reçu une formation à l’IA de leur entreprise. Les outils se déploient plus vite que la formation qui devrait les accompagner.
Un point important pour un projet de formation : aucune de ces enquêtes ne détaille ses résultats par outil. Il n’existe pas, à ce jour, de mesure publique fiable de la part de ChatGPT, Copilot, Claude, Gemini ou Mistral dans les entreprises françaises. Les classements qui circulent sont des estimations d’éditeurs ou de blogs, sans méthode exposée.
Ce qui est commun à tous les outils
Environ la moitié d’un module e-learning IA ne dépend pas de la plateforme :
- Comment fonctionne un modèle de langage, et pourquoi il se trompe de façon crédible.
- Comment formuler une demande utile : donner le contexte avant la consigne, préciser le format attendu.
- Le réflexe de relecture et de vérification.
- Les règles de confidentialité de l’entreprise, et ce qui ne doit pas sortir.
Ce socle se conçoit une fois, se réutilise sur tous les parcours, et c’est celui qui reste valable le plus longtemps sans révision.
Ce qui change vraiment d’un outil à l’autre
Microsoft 365 Copilot vit dans les applications de travail. Il lit les documents auxquels l’utilisateur a accès, si bien que la difficulté n’est plus de formuler une demande mais de savoir où sont les fichiers et ce que l’outil voit. Un module Copilot qui ne traite pas les droits d’accès et le rangement des documents rate la première cause d’échec de ces déploiements. Les manipulations se font dans les applications Microsoft, donc dans un environnement cadré par l’informatique interne.
ChatGPT s’utilise depuis une interface à part. Les objets à enseigner sont différents : les projets pour regrouper un contexte de travail, les GPT personnalisés pour figer une consigne réutilisable, la mémoire et ce qu’elle implique côté confidentialité. Le module est plus simple à produire, parce qu’il ne dépend pas de l’environnement technique du client, et plus facile à transposer d’une entreprise à l’autre. Son coût de production est donc inférieur.
Claude est souvent déployé sur des usages documentaires et rédactionnels longs. Les objets propres à l’outil sont les Projects, pour garder un corpus de référence, les Artifacts, pour produire des documents manipulables, et les connexions à des sources externes. Un module Claude passe plus de temps sur la construction d’un contexte réutilisable que sur la formulation de demandes ponctuelles.
Gemini suit la même logique que Copilot, côté Google Workspace, avec les mêmes questions de droits sur le Drive. Mistral se distingue par l’hébergement européen et la possibilité d’installer la solution sur sa propre infrastructure, ce qui en fait un choix fréquent quand la confidentialité prime. Le module y consacre plus de place au traitement des données.
Les conséquences sur la production du module
Le socle commun est un investissement fait une fois, réutilisé ensuite sur tous les parcours. La brique outil, elle, suit l’évolution du produit, puisqu’elle repose sur des captures d’écran et des enchaînements de clics.
D’où une structure qui tient dans le temps : un tronc commun stable, puis un module court par outil, repris quand l’interface change. La mise à jour ne porte alors que sur une brique, au lieu de reprendre toute la scénarisation.
Un piège à connaître : former sur un outil que l’entreprise n’a pas encore déployé. Le cas se présente quand le projet de formation démarre avant le choix technique. Les salariés apprennent des gestes qu’ils ne peuvent pas reproduire, et l’effet sur l’usage réel est nul. Si le choix n’est pas tranché, mieux vaut livrer le socle commun d’abord et attendre pour la brique outil.
La question à poser avant de choisir
Pas « quel outil former », mais quel outil vos équipes ont vraiment sur leur poste, et avec quels droits d’accès.
Dans beaucoup d’entreprises, la réponse est mixte : une licence Copilot pour une partie des salariés, un usage informel de ChatGPT en version gratuite pour le reste. Un parcours qui ignore cette réalité ne forme que la moitié des salariés.
Questions fréquentes
Faut-il un module générique ou un module par outil ?
Les deux. Un tronc commun conceptuel, stable et réutilisable, puis un module court par outil, repris quand l’interface évolue. La mise à jour ne porte alors que sur une brique.
Qu’est-ce qui change entre un module ChatGPT et un module Copilot ?
Copilot travaille sur les documents de l’entreprise, ce qui déplace le sujet vers les droits d’accès et le rangement des fichiers. ChatGPT s’utilise depuis une interface autonome, avec les projets, les GPT personnalisés et la mémoire à enseigner.
Que faire si l’entreprise n’a pas encore choisi son outil ?
Livrer le socle commun et attendre pour la brique outil. Former sur un outil non déployé revient à enseigner des gestes que personne ne peut reproduire.
Un module Mistral demande-t-il un traitement particulier ?
Il consacre plus de place au cadre de traitement des données, puisque l’hébergement européen et le déploiement sur infrastructure propre sont les raisons qui motivent ce choix.
Le reste du guide
Cet article fait partie du guide Formation e-learning sur l’IA en entreprise : le guide complet. Les autres volets :
- Formation IA : présentiel ou e-learning, comment choisir
- Créer un module e-learning sur l’IA : combien de temps faut-il
- Module e-learning IA : externaliser ou produire en interne
- Format SCORM ou éditeur de LMS pour une formation à l’IA
- Engagement et complétion d’un module e-learning IA : ce qui marche vraiment
Le détail des modules par plateforme est sur la page Programme e-learning.
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